Ascenseur ou escalier ?
Quand je parle de prévention, certains soupirent.
Elle est souvent perçue comme une liste d’interdits ou de recommandations à suivre :
mieux manger, mieux dormir, faire du sport, moins stresser…Bref, une liste de “il faut” qui semble interminable et qui ne donne pas envie.
Et c’est aussi une réalité que je vis, comme beaucoup d’entre nous.
Quand je parle de prévention, ou de faire autrement, les stagiaires me disent souvent :
« Mais on n’a pas le choix. »
Et pourtant…
Je suis convaincue du contraire.
Prévenir, ce n’est pas obéir
La prévention est une démarche active, vivante, personnelle.
C’est choisir de s’écouter, de s’ajuster, de prendre soin.
Pas pour faire "parfait", mais pour faire du mieux possible avec ce qu’on vit.
Changer n’est pas une affaire de conscience
J’ai longtemps cru qu’un accident, une alerte de santé ou une maladie suffisait à provoquer un déclic.
Que lorsqu’on réalise que sa santé est atteinte, on change forcément de comportement.
Mais aujourd’hui, je me rends compte que ce n’est pas si simple.
Prenez le cas du tabac.
Les fumeurs savent que c’est dangereux. Certains ont déjà eu des alertes.
Et pourtant, ils continuent. On peut aussi parler de la sédentarité, du stress, et bien d’autres…
On sait. On sait tous.
Et pourtant, on continue. Pas par inconscience, mais parce que changer ses habitudes est profondément difficile.
Et plus on avance en âge, plus ces habitudes sont ancrées.
Et donc, plus les transformer demande de la patience, de la bienveillance… et du courage.
Et si on arrêtait de tout vouloir changer ?
Prévenir, ce n’est pas tout révolutionner.
C’est semer une graine. Cela commence par une idée, qui fait son chemin, puis…
Commencer par un pas. Puis un autre, pour entrer en action.
C’est reprendre une forme de pouvoir sur sa santé, même minime. C’est s’engager.
Le changement durable :
J’ai décidé de me mettre au sport.
Je me suis inscrite à la salle de sport.
Je suis motivée, je vais y aller tous les jours…
Et puis finalement, au bout de 15 jours :
💥 j’en ai marre,
💥 j’ai mal partout,
💥 je ne vois aucun résultat…
Résultat ? J’abandonne. Et je me dis que le sport, ce n’est pas pour moi.
Mais en réalité, ce n’est pas moi le problème.
C’est la stratégie qui ne tient pas la route.
Pourquoi ? Parce que trop, trop vite, trop fort, ça ne marche pas.
1. Fixer des objectifs simples et réalisables
Au lieu de viser directement un gros changement (exemple : arrêter complètement le sucre), commencer par un petit pas (réduire les bonbons à 3 fois par semaine).
Chaque fois que je réussis, je ressens une petite victoire qui fait du bien et nourrit ma motivation.
2. Mesurer et célébrer les progrès
Utiliser un carnet, une application ou un tableau pour noter les progrès visibles.
Par exemple :
« Cette semaine, j’ai marché 10 minutes de plus chaque jour. »
« J’ai bu 1 verre d’eau supplémentaire chaque matin. »
Chaque coche ou chaque petite marque devient une récompense visuelle qui encourage à continuer.
3. Associer l’habitude à une récompense agréable
Par exemple, après une séance de sport, je prends un moment pour me détendre avec une musique que j’aime.
L’idée est que mon cerveau associe la nouvelle habitude à une expérience positive immédiate.
4. Rendre l’habitude elle-même plaisante
Choisir une activité appréciable, ou l’adapter pour qu’elle soit plus agréable :
Cuisiner une recette saine mais il faut qu’elle soit délicieuse.
Trouver un sport ou une activité physique qui plaît (danse, marche en nature, yoga…).
Quand le comportement est intrinsèquement plaisant, la gratification est immédiate.
5. Partager ses réussites
Parler de ses progrès avec des proches ou une communauté (forum, réseau social, groupe d’amis) crée un feedback positif et un sentiment d’appartenance, qui sont des gratifications sociales immédiates.
6. Visualiser les bénéfices à court terme
Plutôt que de se focaliser sur un bénéfice lointain (perdre 10 kg dans 6 mois), s’arrêter sur ce que tu peux sentir tout de suite : plus d’énergie, moins de fatigue, un meilleur sommeil, un moral plus stable.
Changer n’est jamais simple.
Mais c’est possible, si on fait de la place au plaisir, à la fierté, à la souplesse.
Alors ne soyez pas trop exigeant avec vous, même si parfois la motivation n’est pas au rendez-vous !
Prenez soin de vous


