PRÉVENTION NUTRITIONNELLE : CE QUE LE NUTRI-SCORE NE DIT PAS.
Adopté par de plus en plus de consommateurs, le Nutri-Score s’affiche fièrement sur les emballages pour aider à choisir rapidement des produits plus équilibrés. Simplifié et coloré, ce logo est devenu l’un des piliers de la prévention nutritionnelle en France. Pour autant, il ne peut pas tout révéler, et il existe plusieurs dimensions essentielles à garder à l’esprit pour ne pas se laisser aveugler par un simple A ou B.
1. Un repère utile… mais incomplet
Le Nutri-Score repose sur un calcul prenant en compte la densité énergétique (kJ/calories), la teneur en nutriments « favorables » (fibres, protéines, fruits/légumes/noix) et en nutriments « à limiter » (graisses saturées, sucres, sel). Il permet de comparer, au sein d’une même catégorie de produits, ceux qui présentent un profil nutritionnel plus ou moins vertueux.
Points forts :
Facilité de lecture instantanée
Encourage la reformulation des industriels
Sensibilisation des consommateurs à l’équilibre global de leur panier
Pour toutes ces raisons, le Nutri-Score reste un outil très intéressant… à condition de bien comprendre son périmètre.
2. Les angles morts du Nutri-Score
a) Le degré de transformation
Un produit ultra-transformé peut obtenir un A en étant reformulé (ajout de fibres ou réduction du sucre). Pourtant, l’ultra-transformation (additifs, procédés industriels) est souvent liée à des effets indésirables sur la santé et le microbiote.
b) L’équilibre global de l’alimentation
Le logo ne tient pas compte du contexte : consommer un aliment noté C en petite quantité peut être tout à fait raisonnable si l’assiette du jour est sinon équilibrée.
c) Les situations particulières
Allergies, intolérances ou pathologies (diabète, maladie coeliaque, insuffisance rénale…) ne sont pas prises en compte. Un produit A peut contenir un allergène ou être inadapté à certaines prescriptions médicales.
d) Les additifs et contaminants
Pesticides, colorants, conservateurs ou résidus (bisphénol, phtalates…) ne sont jamais évalués par le calcul du Nutri-Score, alors qu’ils constituent un enjeu majeur en nutrition préventive.
3. Vers une utilisation plus éclairée
Le Nutri-Score doit rester un point de départ, pas un jugement définitif.
Pour aller plus loin :
Lire la liste d’ingrédients : privilégier les aliments dont la liste est courte, sans additifs ou E-numéros douteux.
Favoriser les produits non transformés : fruits, légumes, légumineuses, œufs, poissons, viandes maigres… sans étiquette, ils n’ont pas besoin d’un score.
Connaître ses besoins individuels : si vous suivez un régime particulier, informez-vous auprès de professionnels de santé ou de ressources fiables (HAS, Anses).
Varier les sources alimentaires pour couvrir les micronutriments (vitamines, minéraux, acides gras essentiels).
Privilégier le plaisir et la convivialité : la prévention nutritionnelle gagne à être humaine, culturelle et durable – et non réductible à un code couleur.
Conclusion
Le Nutri-Score est un formidable allié pour rendre la prévention nutritionnelle accessible, mais il ne peut pas tout dire. Comprendre ses limites et l’intégrer dans une démarche éducative plus large (lecture d’étiquettes, choix d’aliments bruts, respect des rythmes alimentaires) est fondamental pour adopter une alimentation réellement équilibrée.
À retenir : le « bon score » se construit avant tout dans votre assiette et votre quotidien, bien au-delà du seul logo.


